ai-weiwei AFFICHE

“Evidence”, est le nom d’une des plus grandes expositions consacrées à l’artiste chinois, Ai Weiwei, avec plus de 30 œuvres réparties sur 3000 mètres carrés.

C’est la preuve du paradoxe chinois qu’il nous présente : l’artiste Ai Weiwei utilise ses créations à des fins politiques et subversives pour documenter les travers du régime. De la première installation “Stools”, composée de 6000 tabourets mettant en évidence cette tension entre la tradition et la modernisation effrénée qui déchire le pays, à “81”, une réplique de la cellule dans laquelle il fut retenu pendant 81 jours, Ai Weiwei, privé de sortie du pays, nous parle.   Cette exposition traduit l’incompréhension du régime chinois face à l’art de l’homme mais peut-être aussi face à l’Art lui-même. Elle interdit à son auteur de quitter le pays mais laisse ses œuvres dénonciatrices s’exposer dans le monde entier. Son art remplit pourtant ici une de ses fonctions premières : la critique. Comment la Chine, qui veut réduire la liberté d’expression de l’artiste, peut-elle laisser s’exposer son travail ? Cela relève du mystère. Ai Weiwei se veut ainsi porte-parole de sa propre condition d’artiste opprimé mais aussi des Chinois les plus laissés pour compte dans un travail complet regroupant vidéos, photographies et installations de tout genre et de toutes formes.

ai weiwei berlin portes

“Monumental Junkyard”

D’innombrables immeubles, de temples et de maisons historiques ont été démolis en Chine, au nom du « nouveau développement ». les terrains qu’ils occupaient une fois acquis ont été vendus en générant d’énormes profits. A la fin des années 90 – début des années 2000 – le marché des portes d’époque travaillées et sculptées, qui ont été récupérées sur ces sites s’est effondré étant donné les quantités accumulées. En présentant ces tas de portes en marbre, de manière conceptuelle et au design minimal, Ai Weiwei fait allusion à la tradition esthétique chinoise et à l’amour de la matière abandonnés.

ai weiwei berlin

 

L’exposition a lieu jusqu’au 7 juillet au Martin-Gropius-Bau, à Berlin. Toutes les infos ici.